Quatre documentaires de mode a absolument revoir

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Cette semaine, je reviens sur l’une de mes aventures estivales, à savoir, le visionnage de documentaires de mode lors de mon séjour à Parisen juillet dernier. Ce fut un plaisir de pouvoir voir et revoir des documentaires que j’avais aimé et d’autres que je n’avais pas encore vu. Tout a commencé avec la sortie du fameux« Dior et moi »d’Olivier Tcheng.Je m’échappai de la chaleur étouffante de Paris pour aller me rafraichir en salle devant cette fable modesque. En rentrant chez moi, je programmai alors, une dizaine de documentaires à voir (ou revoir).

Voici la liste de 5 documentaires qui m’ont le plus plu.

« Monsieur Dior et moi », de Frédéric Tcheng.

Ce documentaire est un peu le paranormal activity du documentaire de mode. La tension monte crescendo.Frédéric Tcheng filme au rythme du pouls créatif de ce cher Raf Simons. On l’attend au tournant, il le sait. La maison semble encore fonctionner sous la soupape de Christian Dior le styliste, à la fois père et fantôme. On veut lui faire honneur, mais on souhaite également doucement s’en affranchir.

Une ambiance un brin mystique. Avec Raf, un changement s’opère pourtant, il prend discrètement mais sûrement sa place. Intrigant, il ne dessine pas mais fait des cahiers d’inspirations. C’est ensuite à son équipe de création de faire les croquis et de lui proposer différentes silhouettes. Le documentaire souligne l’importance de la première d’atelier et de son équipe comme pilier fondamental du succès de la maison. Un fonctionnement donc particulièrement participatif, tant horizontalement que verticalement, change la donne de la maison.

Le discret et calmissime Raf en à gros sur les épaules. Ce que j’aime: on ne parle pas que de rêve, de paillettes, d’amazing things. On ne fantasme pas l’image d’un créateur surhomme, capable de supporter sans broncher courses aux collections et pression du succès. J’aime cette nuance. Raf est fort car il va jusqu’au bout, il est aussi doté d’humanité pour craquer, douter ou s’émouvoir et de verser sa larme à la fin de ce premier défilé.

Diana Vreeland : The Eye Has to Travel, de Frédéric Tcheng.

Diana Vreeland est une femme formidable. Je mets au défi quiconque de me dire le contraire après visionnage de ce documentaire. Journaliste pour Harper’s Bazaar puis, éditrice en chef du Vogue américain. Cette femme a traversé le 20 e siècle entre panache et audace sans limite ni vergogne.

L’intérêt du documentaire est qu’il est construit sous forme d’entrevue avec en off la voix roque et pénétrante de Diana Vreeland. On parle de son enfance, de sa famille, de ses rencontres. On pense tout savoir après ça mais en vérité on sait que le mystère de cette femme aux milles et une histoires ne nous parviendra jamais complètement.

« Diana was never a very rich woman, she was never a very beautiful woman. But she created beauty and she created wealth ».On l’envie, on l’admire pour son talent, pour sa fougue et son courage d’oser, d’aller de l’avant.

Le jour d’Avant, par Loïc Prigent.

Mes deux préférés : Proenza Schouler et Sonia Rykiel. Les documentaires Le Jour d’Avant / The Day Before sont délectables de rêves créatifs, de voyages au cœur de la mode, de palpitations post défilés. Le tout sous l’humour piquant de Loïc Pigent. Ils retracent les quelques jours précédant un défilé.

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Proenza Schouler. Le sucre d’orge de la mode américaine du 21 E siècle. On aime à la fois la créativité du couple Lazaro-Jack, leur simplicité, leur humour. Leur jeunesse ne les écarte en rien de la raison, du pragmatisme et de la précision. On n’a pas affaire au cliché de deux modeux en mal de modestie. Je me régale.

Sonia Rykiel. C’est une histoire de famille. On retrouve Sonia et sa fille, Nathalie, elle même lui organisant secrètement hommage lors de l’anniversaire des 40 ans de la maison. L’alchimie familiale est palpable tout au long du reportage. Mère et fille, toutes deux libres, joyeuses et fraiches à l’image des collections, nous livrent un Jour d’Avant mémorable.

Mademoiselle C, Fabien Constant.

Ce n’est pas sans appréhension que je commence à visionner ce documentaire, tisane et Petits Lu (chocolat noir) en main … Oui, je me méfiais du personnage Carine Roitfeld. Je me méfiais du portrait tarte à la crème d’une success story comme on en dépeint souvent. Un brin faussé, un brin forcé. Je craignais même un simple coup de pub pour la sortie de son propre magazine CR.

Soit, on parle beaucoup de CR, de sa préparation jusqu’au lancement.. Toujours est-il que j’ai finalement beaucoup aimé Mademoiselle C. Premièrement, parce que cela clarifie et renseigne sur les nouveaux jalons de la mode contemporaine. La lucidité flagrante de Carine Roitfeld sur l’éphémère et la vitesse de cette mode avide de nouveauté, de changement et de rentabilité, m’épate. Une femme passionnée mais pas dupe. J’ai apprécié le manque, la (presque) inexistence de langue de bois dans ce documentaire.